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Histoire du Paysage dans la Peinture Colloque Paysage et Jardins 30 Mai 2008 Etude de François Murez - www.francois-murez.com | |||
Colloque organisé par l'Association Saint-Fiacre Loire-Baratte
Profitons de cette chapelle de Chaluzy et de son époque de construction pour situer le début de cette intervention,
soit les environs des années 1200, époque du Moyen-Age et temps des cathédrales. Le paysage dans la Peinture n’existe pas :
la Nature est encore à cette époque considérée comme brutale dans tous les esprits, la Peinture n’est que religion.
Giotto, St François (vers 1300)
Le paysage, le jardin en peinture restent cependant un accompagnement. Ils permettent de mettre en scène des personnages
et servent d’arrière-plan, de fond, pour mettre en valeur les scènes religieuses. Bientôt, tous ces éléments de la Nature
s’organisent sous le pinceau ; le génie des peintres leur donne une force qui, progressivement, va nuire à l’équilibre
global des tableaux : c’est une peinture dans la peinture.
Fra Angelico, Annonciation (vers 1400)
Van Eyck, Vierge (vers 1435)
Cette spécialisation dans l’espace du tableau va permettre au peintre de définir des règles, des conventions,
une perspective et ainsi de s’affranchir de la peinture religieuse. Le paysage peut devenir un genre à part entière.
Cette fenêtre ouverte sur l’extérieur permet au regard de partir, de trouver une respiration et une liberté.
Le détail sorti de son contexte est un vrai tableau en soi.
Patinir, St Jerome (vers 1515)
Dans ce tableau, le renversement est très net. Le paysage devient l’objet principal du tableau et l’élément humain et religieux
se cherche. L’espace est panoramique et l’horizon situé très haut. La représentation n’est pas réelle mais englobe le plus
possible d’éléments géographiques différents et souvent peu réalistes.
Brueghel (1520 – 1569) , Le retour des chasseurs
En Italie, Utens peint les villas médicéennes vers 1600 dans le même esprit. Utens, Cafaggiolo & Collesalvetti (entre 1599 et 1602)
Ce paysage du monde, puissant, grandiose, irréel, va ensuite devenir paysage de l’homme, fragile, limité, réel. Et comme tel, l’horizon va descendre pour mieux rendre au peintre son regard d’homme. Le ciel ainsi libéré va être lieu d’inachevé, d’infini. Van Goyen, Paysage aux 2 arbres (1641)
Rembrandt, Les 3 arbres (1643)
Le tableau de Van Goyen et la gravure de Rembrandt ont la même composition mais une lumière opposée.
Nicolas Poussin (1594 -1665), Apollon amoureux de Daphné
Lorrain (1604 – 1682), Paysage
Puis, le paysage devient romantique. Plusieurs tendances se manifestent. Je ne retiendrais que celle de Turner, peintre anglais, ayant fréquenté les bords de Loire. Turner liquéfie ses paysages ; l’aquarelle lui facilite ses recherches. Turner, Bords de Loire, vers 1800
En opposition avec l’époque précédente où le paysage est construction réglementée de l’imaginé, ces paysages sont couleurs qui captent l’instant du ressenti. Le dessin s’efface lentement et cette disparition donnera naissance au paysage impressionniste.
Corot, les saules
Le paysage impressionniste est l’accomplissement du genre. La touche du peintre devient frémissements et vibrations. Les saules, bien présents à la Baratte, se liquéfient et se fondent avec l’eau qui baigne leurs pieds. Auguste Renoir, Saule et embarcation
La matière n’a plus d’objectivité, le construit n’existe plus. La lumière, seul instant du tableau, inonde de ses variations de couleurs, l’oeil du peintre. Monet, Les deux saules (série des nymphéas)
Le peintre n’est plus qu’un œil et sa main directement commandée par cet organe sans passage par le cérébral, construit et affectif.
Vincent Van Gogh, Iris
Chez d’autres, l’affectif est serein. E. Steichen, Clara Steichen dans son jardin, 1908.
Au XX ème siècle, société matérialiste et consumériste, industrialisation et communication font sortir le paysage de la peinture, car celui-ci est étranger aux utopies technologiques et aux mondes artificiels, symboles avérés de la puissance de l’homme.
Nicolas de Staël, Sicile 1954
Les paysages détruits, amputés, la nature défigurée amènent cependant l’artiste à revenir vers ce thème et à de nouveau le considérer pour en signifier toute la fragilité. Olivier Debré, Iris
François Murez, La Baratte, Salades, 2006
Bibliographie :
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